J'ai testé un nouvel atelier d'écriture.

Un autre groupe, une autre méthode, ne pas laisser son cerveau prendre des habitudes.

Je ne sais pas si ça m'évitera la sénilité, Alzheimer et consoeurs mais je ne sais faire autrement.

Nous avons commencé par un cadavre exquis.

Cet exercice, enfin plutôt son résultat est étonnant et j'ai été encore une fois très impressionnée !

Si tu ne connais pas le principe, tu écris une phrase, le suivant une autre phrase, etc ... avec une trame, ici :

première phrase " dans ______",

deuxième phrase " il y a _____",

troisième phrase " dans  ______",

quatrième phrase "il y a ______" ... 

Chaque phrase est cachée, la page est pliée progressivement et le dévoilement est toujours un moment assez dingue.

Cette fois-ci, à plusieurs reprises, j'ai eu le sentiment qu'il y avait eu transmission de pensée entre les auteurs !!!

C'est un jeu inventé par les surréalistes entre les années 20 et 30. Il peut être graphique ou d'écriture.

Cet exercice a été une des contraintes du texte qui suit.

La deuxième contrainte était le choix d'une photo parmi plusieurs.

Je croyais avoir choisi la photo d'une plage bondée mais en la regardant de plus près il s'agissait d'un cours de yoga avec des tapis colorés.

Non, je ne suis pas aveugle merci, j'ai déjà assez de mes oreilles !!

L'exercice consistait à écrire une narration en utilisant le cadavre exquis et la photo et tout ça en 10 minutes.

Au bout de ces 10 minutes, allait s'y ajouter  la photo de notre voisine de droite, puis rebelote 5 mn plus tard la photo de la voisine de droite de notre voisine de droite, photos dont il allait falloir s'inspirer pour la suite de notre narration.

Nous avions d'ailleurs bien moins de 5 minutes plus nous nous rapprochions de l'échéance !

Bref, un truc sportif, intense où la réflexion a une part toute relative !

J'ai déjà réalisé cet exercice, je le trouve terriblement enrichissant voire addictif !

Bref, je me suis régalée.

 

Alors voici ma prodution :

 

Dans la maison bleue, il y a des enfants heureux, l'âme en paix.

Pourtant, la vie ne les a pas épargnés, ils sont orphelins.

Mais, il y a une petite fée, Célie, qui leur a fait découvrir le yoga.

Elle leur a offert à chacun un joli tapis coloré.

Célie a la peau caramel de son pays, l'Inde.

Elle n'est que bienveillance et son coeur pur offre de la sérénité à ces enfants abandonnés.

Dissipés lors des premières minutes de la toute première séance, les exercices de respiration leur ont rapidement amenés l'apaisement que leur histoire leur interdisait.

Les étirement ont dénoué les muscles tendus par la colère et la tristesse.

Le cours de yoga leur est devenu indispensable et les a libérés.

L'amour inconditionnelle dont la vie les a privés, n'est plus un manque.

Célie a mené les enfants vers le soleil comme de majestueux tournesols apaisés.

# 2ème photo  en N&B: un homme dans la mer, avec un bonnet de bain, accroché à une bouée #

Comme un bonheur ne vient jamais seul, la maison bleue a accueilli un nouvel intervenant, Bernard.

Bernard a décidé d'apprendre à nager à ces enfants abandonnés.

La mer toute proche, rend l'entreprise aisée.

Le directeur de la maison bleue est sceptique, il craint la noyade pour ses petits poussins agités.

Mais le yoga les a assagis et Bernard, l'intervenant bienveillant et pédagogue a fait des merveilles.

# 3ème photo  en N&B: une femme, coupe et tenue années 30 #

La quiétude de la maison bleue est mise à mal une nuit d'hiver.

Une mélodie enjouée envahit le dortoir des filles, réveillant toute la maisonnée.

Le directeur a beau chercher dans tous les recoins de la grande bâtisse, pas de sono responsable de cette musique enjouée.

A l'aube, la mélodie cesse comme par enchantement.

Milaine, la vieille, très vieille cuisinière de l'orphelinat, explique avec gêne au directeur que dans les années folles, une belle baronne espiègle donnait des fêtes endiablées dans cette demeure !

Elle défrayait la chronique dans le bourg, célibataire indépendante dans les années 30, une insulte à la société bourgeoise de l'époque !

# 4ème photo  en N&B: une femme de dos, se déshabillant sur la plage, avec à ses côtés un chien #

Son seul amour était Robert, un cocker noir avec lequel elle faisait de longues balades sur la plage.

Il surveillait les alentours quand sa maîtresse partait se baigner au large.

La musique était la passion de notre baronne.

# 5ème photo  en couleur : un groupe de personnes noires, vétues de tenues traditionnelles Africaines, l'un d'eux est aspergé d'eau #

Parmi les enfants orphelins, Djamal, avait trouvé l'idée de la musique fantôme de la baronne très à son goût !

Djamal était un enfant bondissant et fantasque.

il avait besoin de cette parade pour garder à distance le drame de sa vie : avoir vu sa famille décimée au Soudan.

# 6ème photo  en couleur: dans un jardin, un groupe de personnes , sans doute une fête, des abats-jours en dentelle, des guirlandes #

Dieu merci, dans la maison bleue, il y avait vraiment beaucoup d'amour !

Les villageaois prenaient aussi part à la vie de l'orphelinat lors de grandes fêtes improvisées dans le jardin.

On sortait les tables et les bancs, les guirlandes et les enfants réchauffaient leurs coeurs meurtris au contact de ces adultes amicaux.

# 7ème photo  en N&B: une scène de guerre, des habitations détruitent, des enfants blessés # 

Djamal n'était pas le seul enfant à avoir une histoire dramatique.

Mohammed, arrivé récemment d'Irak, avait subi les bombardements et le moindre bruit le faisait sursauter.

Il était le seul survivant de sa famille.

# 8ème photo  en couleur : un violon #

L'Art apaisant les êtres, le directeur mélomane décida un jour d'initier les enfants au violon, sans doute pour amadouer l'âme de la baronne espiègle.

Il proposa l'instrument à Mohammed.

D'abord intimidé, le violon devint vite un membre de sa famille.

# 9ème photo  en N&B: une dentelière du Puy #

Le directeur proposa également à Marinette, ancienne dentelière du Puy et villageoise investie dans la vie de l'Orphelinat de venir initier les enfants à son art.

La dentelle passionna Djamal.

# 10ème photo : j'ai oublié !!! #

Dans cette maison bleue, le rire des enfants était une mélodie permanente, le directeur et sa troupe avaient réussi à faire de ces enfants abimés par la vie, de petits êtres avec des racines et des ailes.

 

Au début de la séance nous avions écrit un mot sur un papier.

Nous avons en fin de séance pris au hasard un de ces mots.

Le mien était CHARME, nous devions écrire le mot de la fin avec cette contrainte.

 

Le charme de cette maison bleue, c'est cette enfance pétillante entourée d'adultes bienveillants.

 

 Une fois l'atelier terminé, la pression de l'exercice redescencue, j'ai ri parce que ce texte c'est tellement moi !

Comprendra qui pourra !

Big Kiss - ou pas ! -

 

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