Je ne sais pas vous, mais moi j'attends avec impatience l'exercice d'écriture du mois pour enrichir les aventures de Jeanne et Rebecca !

Cette fois-ci, j'ai choisi moi-même les mots et en ai réduit le nombre, pour ouvrir l'exercice au plus grand nombre, j'espère que cela aura permis à certaines d'oser se lancer.

J'ai ajouté à ces 15 mots, 2 photos à utiliser comme bon vous semble dans votre texte.

 

 

Mots Cilou 1

Mots Cilou 2

image Cilou 1

image Cilou 2

 

 

Voici l'exercice expliqué en vidéo.

J'ai ouvert

Cilou et ses Aiguilles K

Cilou & ses Aiguilles est la déclinaison de mon blog et de mon Instagram En vrai couteau suisse, j'ai de nombreuses activités, dont l'écriture, qui me permet mon premier pas dans Youtube !

https://www.youtube.com


une chaîne Youtube pour tout centraliser, elle s'enrichira sans doute d'autres domaines, tu me connais, je m'éparpille beaucoup !

Un abonnement pour m'encourager serait le bienvenu, les amies !

 

 

Voici mon interprétation de l'exercice, toujours dans la continuité de l'histoire de Jeanne.

J'ai interprété la première photo simplement par une allusion au bord de mer et la seconde par le prénom Olivier.

Bonne lecture !

La bouteille destinée au risotto dans une main, Jeanne se rend d’un pas décidé chez Anatole et Nathy. Elle sait qu’elle va être scrutée à la loupe par son ami et médecin, qui vient de lui prescrire quelques jours de repos. Nathy, comme à son habitude, détendra l’atmosphère avec ses bons mots et son sourire lumineux.

Nathy, “nez” chez un grand parfumeur, est capable de reconnaître mille odeurs. Après des études de médecine, où elle a rencontré Anatole, et un premier poste de pédiatre à l’hôpital, elle a subitement changé de voie pour revenir à ses premières amours. Elle a grandi à Grasse dans une famille de producteurs de fleurs, entourée de Jasmin, Rose Centifolia, Fleur d’Oranger, Lavande, Violette et Mimosa. Adolescente, quand elle ne profitait pas du bord de mer avec ses amies, elle imaginait en cachette des associations d’odeurs pour créer des fragrances. Mais sa famille lui avait appris à rester à sa place, les producteurs d’un côté, les artistes nez d’un autre. Nathy s’était empêchée de réaliser son rêve et s’était alors résolue la mort dans l’âme à choisir une orientation loin de cet univers. Elle avait excellé en tant que pédiatre, et ses parents avaient été tellement fiers de pouvoir dire “notre fille est pédiatre”, qu'elle ne regrettait pas cette parenthèse ! Mais elle n’avait pu continuer cette mascarade, il était plus que nécessaire pour la santé mentale de Nathy qu’elle écoute ses rêves ! Elle avait repris le chemin de l’école, intégrant la prestigieuse ISIPCA, alors que ses filles étaient encore au collège. Mais elle était motivée et Anatole avait pris le relai auprès de Lena et Monia. Il avait réduit ses gardes à l’hôpital et puis finalement, s’était installé comme médecin généraliste dans leur commune pour pouvoir gérer ses horaires comme bon lui semblait.

Jeanne a beaucoup d’admiration pour son amie. Souvent, elle se dit qu’elle devrait prendre exemple sur Nathy et envoyer bouler ce job où elle s’ennuie ferme, pour aller vers ce qui la fait vibrer. Mais  elle n’en a pas encore le courage, encore moins depuis le décès d’Eric.

Prise dans ses pensées, elle n’avait pas réalisé qu’elle était déjà arrivée chez Anatole et Nathy. Certaine d’être le centre d’intérêt de la soirée, elle prend une profonde inspiration pour se donner du courage.

Driiiiiiiiiiiiiiiiiiing !

C’est une Nathy agarde, plus pâle qu’une cuvette de wc, qui lui ouvre la porte. Elle sent immédiatement que ce soir, les rôles seront inversés, pas d’attention excessive, ce contre-emploi inattendu la soulage. Jeanne embrasse son amie et ne peut retenir plus longtemps un  “Que se passe-t-il ? Anatole ? …”.

Nathy lui adresse un triste sourire pour la rassurer, ce qui ne fait que décupler son inquiétude “ Anatole est parti en urgence pour une consultation, il ne devrait pas tarder”, lui répond une Nathy en apnée. “Le reste attendra son retour …” murmure-t-elle, le regard fuyant.

Pour faire diversion, Jeanne lui raconte l’achat de la bouteille destinée au risotto, chez son truculent caviste. Toujours entre deux rires, cet homme affable assure toujours ses clients d’un bon moment en sa présence. Si Jeanne ne craignait pas de finir alcoolique, elle passerait le voir toutes les semaines ! Elle réalise soudain qu’elles sont toujours plantées au milieu de l’entrée, son hôtesse habituellement si accueillante semble avoir perdu ses bonnes manières.

L’ouverture fracassante de la porte d'entrée met un terme au monologue de Jeanne, pour son plus grand soulagement. L’ambiante va peut-être enfin s’apaiser avec l’arrivée d’Anatole. Nathy reprend un semblant de contenance, embrasse son mari et se fend d’un “On ne va pas passer la soirée dans l’entrée, si on allait mettre ton vin en carafe Jeanne pour déguster le risotto ?”

Jeanne voit bien les tentatives de diversion navrantes d’Anatole, lui d’ordinaire si posé, déblatère avec force sur les derniers commérages du quartier. “Vous allez cesser de me ménager, s’emporte Jeanne, j’ai perdu mon mari, je ne suis pas en sucre ! Qu’est-ce qu’il se passe dans cette maison ?!”

Le couple se regarde, mal à l’aise. Anatole se lance “ Ici, rien, tout va bien. Mais nous sommes inquiets pour notre petite-fille Tess, la fille de Le....”

Nathy le coupe, le regard dur “ C’est à moi d’en parler, tout ça c’est de ma faute”, les larmes coulent sans sanglots. Anatole lui prend la main “Tu ne pouvais pas savoir, tu n’es pas responsable.”

Nathy lâche enfin les vannes et Jeanne apprend l'indicible :

Tu te souviens, Lena cherchait une baby-sitter pour garder Tess de temps en temps. Dans mon association, je croisais souvent une jeune Espagnole, qui venait parfaire son français. Elle était toujours souriante, un vrai rayon de soleil. Elle me paraissait idéale pour garder notre toute belle. Elles se sont bien entendues et Mina est devenue la Baby-sitter de Tess. Puis Lena a pris plus de responsabilités dans son entreprise et elle a proposé à Mina de devenir jeune fille au pair pour être totalement disponible pour la petite, Olivier son père étant fréquemment en déplacement. Elle s’est installée dans la chambre d’amis, continuait ses cours à la faculté et récupérait Tess après l’école. Un mercredi, je suis passée à l’improviste pour embrasser Tess, je l’ai trouvé amorphe et je sentais Mina tendue. J’ai eu beau questionner mais ni l’une ni l’autre n’ont craché le morceau. Anatole a voulu me convaincre que je m’étais faite un film, que je devais arrêter de m’angoisser pour rien. Mais j’en ai tout de même parlé à Lena. Elle était tiraillée, Mina semblait s’occuper parfaitement de Tess. Quand Lena interrogeait Tess, la petite changeait immédiatement de sujet. Un peu inquiète, elle a profité d’un jour de congé de la jeune fille au pair pour faire installer une caméra très discrète dans la pièce de vie et une autre dans la chambre de Tess. Elle n’a pas mis longtemps à confirmer mon ressenti. Dès le premier soir, en visionnant la vidéo, Lena a eu un terrible choc. Mina passait son temps à bousculer violemment Tess, à la réveiller brutalement en pleine sieste. Notre poupée vivait un enfer et personne n’était là pour la protéger.

Avec du recul, Lena s’est souvenue de bleus parfois présents sur le corps de Tess, mais cette enfant est tellement intrépide, que personne n’aurait pu imaginer qu’une chute en skate n’en était pas la cause … “

Les larmes coulent sur le beau visage de Nathy.

Comment Tess a-t-elle pu garder cette souffrance pour elle ? Imagine si Lena ne m’avait pas prise au sérieux, Tess aurait été une victime de plus dans les faits divers. Tu vois, en lisant Chanson Douce de Leïla Slimani, je me disais que jamais une telle atrocité ne pourrait nous arriver, qu’une tueuse d’enfant, ça doit se voir sur sa figure. Ça m'apprendra à avoir des préjugés idiots.”

Jeanne est submergée par l 'émotion.  

Anatole la scrute avec inquiétude, se disant qu’ils auraient peut-être dû la préserver d’une telle nouvelle. 

Elle avale sa salive avec difficulté. 

Que dire dans de telles circonstances ?

Elle comprend tout à coup le malaise de ses proches face au décès d’Eric …

Tess est vivante, mais elle sait que ce n’est pas ce que ses amis ont besoin d’entendre.

Je … je ne sais quoi vous dire … je n’ai pas les mots. Mais je suis là pour vous “

Un sanglot les submerge tous les 3 et Nathy se jette dans les bras de Jeanne qui sent la main solide d’Anatole posée sur son épaule.

Ce soir, le risotto aura une saveur bien particulière ...

 


J'accueille également sur cette page, le très beau travail de M :

 

Quand ils s’étaient rencontré sur les bancs de la fac, ils étaient encore emplis de leurs rêves d’adolescents.

Il avait un idéal, il voulait changer le monde.
Elle avait un but, rencontrer l’amour de sa vie.

Un jour, le hasard les fit se côtoyer dans le grand amphithéâtre où s’entassaient beaucoup plus d’étudiants qu’il n’aurait dû y en avoir. Le cours magistral portait sur Tess d’Urberville, ce roman de Thomas Hardy qu’elle adorait et dont elle avait apprécié l’adaptation cinématographique avec Nastassja Kinski. Il trouvait que c’était un roman de « fille » et leur discussion à ce propos les avait d’abord opposés. Il lui avait semblé impossible de continuer à argumenter avec un mec aussi sexiste. Finalement ils s’étaient encore retrouvés voisins pendant le TD d’espagnol, la seule place disponible dans la salle quand elle était arrivée, en retard, était à côté de lui et il avait fini par s’excuser d’avoir montré une image de lui qui ne correspondait pas à la réalité, plaida-t-il. Il lu proposa d’aller boire un café à la fin du cours pour se présenter à elle sous un meilleur jour car il la trouvait très jolie et souhaitait apprendre à la connaître.

Ils s’étaient revus régulièrement. Il avait réussi à la séduire assez rapidement et elle avait emménagé chez lui peu de temps après.

Elle ne pouvait cependant s’empêcher de douter de leur avenir commun. Elle lui trouvait certains défauts qu’elle espérait pouvoir changer à force de gentillesse et de persuasion. Mais son caractère affirmé supportait difficilement qu’on le contredise. Il n’était pas violent, pas du tout, mais restait quasi systématiquement ferme sur ses positions et changeait rarement d’avis quand elle n’avait pas le même que lui. Il lui plaisait beaucoup pourtant. Même sa mauvaise humeur, fréquente, au réveil, n’était pas un réel obstacle entre eux car elle faisait preuve de beaucoup de patience. Elle pensait nécessaire que les efforts soient réciproques pour un bon équilibre de couple mais ne voyait pas réellement les siens. Il s’absentait souvent le soir pour des réunions où l’utopie se mêlait à une bien triste réalité mondiale. Elle jouait la babysitter pour gagner un peu d’argent.Ils vivotaient dans un studio mal aménagé au 6ème étage sans ascenseur dans le centre de la ville. Leur petite fenêtre donnait sur l’arrière cour d’un boui-boui d’où montaient souvent une odeur de friture plutôt désagréable. Ce n’était pas toujours facile de se concentrer sur les préparations d’examen et la cohabitation dans cette petite surface les conduisit à remettre en cause leur relation au bout de quelques mois.

Elle le vécut très mal, elle qui croyait à son prince charmant et se serait cru capable de tuer pour que se réalise son rêve d’un amour éternel.

Il le prit plutôt bien, presque content de retrouver un peu d’espace dans son petit appartement.
Elle s’appelait Violette. Il s’appelait Jean-Balthazar.

 

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