Vous m'avez confié 12 mots en septembre afin de réaliser un texte.

Voici les mots :

ecrivonspart8

 

 

C'est la première fois, mais 2 sont passés à la trappe, il est temps que je reprenne sérieusement, je suis toute rouillée !

Voici mon texte, qui reprend les "aventures" de Jeanne :

 

Comment Jeanne a-t-elle pu être aussi naïve ?

Comment a-t-elle pu croire qu’elle avait dépassé la mort d’Eric et qu’elle était prête à repartir de zéro, joyeuse et résiliente ?!

Lovée dans son pull mohair, son dernier ouvrage tricoté avec la laine offerte par Éric, lors de leurs vacances à Barcelone, elle sanglote, effondrée dans le canapé. Celui-là même que les déménageurs vont emmener dès demain à Ouistreham.

Il faut TOUT annuler : la vente de l’appartement, le déménagement, sa prise de fonction au Tiers Lieu de Marine. Elle a présumé de ce second souffle qui n’était en réalité qu’un mirage. 

« Eric, mon amour, s’il-te-plaît, sors moi de ce pétrin … »

Elle a tenu tête à Anatole, son médecin et ami, qui lui avait recommandé des anxiolytiques pour passer ce cap douloureux. Mais là maintenant, elle reconnaît  que sa tisane à la passiflore est bien impuissante face à cette vague de désespoir et d’angoisse qui la submerge …

Tout s’était pourtant parfaitement déroulé jusqu’à Noël.

Rebecca avait fini par accepter la vente de l’appartement et le désir de sa mère de se construire un nouvel avenir à Ouistreham, dans le projet professionnel de sa sœur Marine.

Elle avait pu négocier un départ rapide avec son boss, qui s’était révélé vraiment compréhensif.

L’appartement s’était vendu en un claquement de doigts à un jeune couple qui lui rappelait le duo amoureux qu’elle formait avec Éric au même âge.

Tout avait été fluide, évident.

Et puis la nouvelle année avait sonné le glas de son enthousiasme. D’où venait cette malice qui s’était emparé de son esprit ? Pourquoi subitement cet avenir lumineux lui avait paru hors d’atteinte ? 

Anatole et sa psychologue avaient eu beau lui expliquer que cette étape était classique voire « normale »,  qu’elle était plus forte que ses peurs. Mais depuis 10 jours, l’angoisse lui écrasait la poitrine. Ni sa fille Rebecca ni son amie Gaëlle n’arrivaient à la ramener à la réalité : tous les clignotants étaient au vert pour entamer un nouveau chapitre prometteur de son existence.

Savoir que demain, cet appartement qui avait accueilli ses plus belles années, ne serait plus le sien, était insurmontable pour Jeanne. La vie avait définitivement perdu toute sa saveur. 

Elle était incapable de réaliser que la page blanche qui s’offrait à elle était une chance inouïe. Impossible pour elle de dire Merci à la vie. Si elle en avait eu la force, elle lui aurait plutôt dit Adieu, pour rejoindre son Amour, décédé cette année.

Subitement, Jeanne a honte de ses pensées mortifères. Mais elle n’a pas le temps de se flageller, la sonnette retentit. Les yeux gonflés et rouges, les cheveux ébouriffés, elle s’approche sans bruit de l’œilleton pour découvrir derrière la porte, Anatole et sa femme Nathy, la mine déconfite..

Jeanne se sent terriblement confuse d’inquiéter ses proches et ouvre la porte à la volée, malgré son air fantomatique.

Le couple est surpris, il ne s’attendait pas à si peu de résistance de la part de leur amie. Depuis 10 jours elle repousse, inflexible, chaque tentative de main tendue. 

Ses amis la voient s’enfoncer et restent spectateurs de ce désastre, ils se sentent impuissants, craignant que Jeanne ne commette le pire. Alors cette porte qui s’ouvre avec énergie les laissent bouche bée.

Jeanne part d’un grand éclat de rire en voyant l’air contrit d’Anatole et  de Nathy.

« Pardon les amis, je suis désolée de vous accueillir dans cet état … »

Anatole la coupe pour faire diversion face au malaise qui s’est installé depuis ces dix derniers jours entre Jeanne et tous les siens : « Tu as dix minutes pour reprendre figure humaine, nous avions ordre de t’emmener avec nous ! Pas de soirée en solitaire pour ton dernier jour à Tours ! »

 

Allez, si on reprennait les bonnes habitudes avec un exercice par mois ?

 

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