La semaine prochaine, j'ai rdv avec une anesthésiste.

J'essaie de ne pas me monter la tête d'avance, mais la probabilité qu'elle me dise " je vais être obligée de vous intuber parce que vous êtes grosse" ou bien "vous avez remarqué que vous avez un problème de poids ?" est forte.

Tu vas me dire que j'anticipe le négatif.

Bah non, parce que tout ça, je l'ai déjà vécu et ça s'est répété plutôt deux fois qu'une ...

Pourtant, elle aura étudié avec précision mes analyses de sang, qui hormis une inflammation chronique, lui montreront que mon alimentation et mon mode de vie sont plutôt sains : pas de diabète, de cholestérol, ni d'hypertension à 48 ans et des grosses poussières...

Mais voilà, je suis obèse.

Et c'est bien connu, l'obèse est la bête à abattre.

L'obèse est l'être "faible" et sans volonté qu'il faut remettre dans le droit chemin !

L'être qui fait tâche dans l'ère d'aujourd'hui, celle du paraître.

Buvez, fumez, on vous tolère.

Mais si votre corpulence dépasse la norme, vous êtes la cible !

Forcément, pour le fumeur et l'alcoolique, ça ne "saute" pas aux yeux.

Mais le gros prend de la place, trop de place, il dérange le joli paysage harmonieux, ce beau monde idyllique dans lequel vit Insta !

Je te conseille un reportage assez percutant sur le sujet pour bien comprendre la discrimination que subissent les gros : On achève bien les gros sur ARTE.

J'ai voulu m'inscrire à un programme de sport en ligne. 

Il est clairement déconseillé aux obèses, mais par contre si tu bouffes M@c D° toutes les semaines et si tu fumes, pas de problème, là aucune mention légale !

Tout ça, parce que dans l'esprit de la société, et PLUS GRAVE des médecins, si tu es obèse C'EST PARCE QUE TU BOUFFES COMME UN COCHON donc tu es FORCEMENT en mauvaise santé.

Nous sommes assez responsable pour prendre nos décisions sans qu’on nous infantilise, l'obésité ne rend pas débile !!!

Les copines n'ont pas compris ma colère, mais comment voulez-vous que le regard de la société change si tout le monde ouvre son parapluie ...

C'est pas faute d'avoir de plus en plus d'études qui montrent que l'alimentation n'est qu'un des facteurs menant à l'obésité ou l'entretenant.

Non l'obèse ne maîtrise pas forcément toutes les clés pour perdre du poids.

Il est VICTIME, pas COUPABLE !

Même si je n'aime pas trop ce statut de victime, qui ne convient pas à mon tempérament combatif, je dois bien avouer que je me sens totalement à la merci de cette obésité qui régit mes formes ! 

Alors, tu me diras, Cilou reste cohérente, tu nous as dit qu'on pouvait aller à l'encontre de ses gènes, toussa toussa.

Certes, mais l'obésité est multi-factorielle, donc combattre l'obésité, c'est combattre plusieurs adversaires à la fois.

Je sais bien qu'il ne faudrait pas employer ce vocabulaire guerrier, mais pour moi c'est vraiment mon pire ennemi,

je ne sais pas encore être indifférente, parce que j'imagine que je perdrais la partie si je me soumettais ...

Je le vois bien, dès que je ne suis pas "au combat", l'aiguille s'affole sur la balance ...

On est au-delà d'une quelconque volonté, c'est un courage de titan qu'il faut pour dépasser l'obésité.

La preuve en est, le nombre de patients qui reprennent du poids après un régime, parce que la réduction calorique SEULE n'est pas la solution !

Tu me connais, je suis une nana volontaire - croisement cochon/mulet ascendant tête de lard -.

J'ai à plusieurs reprises conjugué restriction calorique et sport pour perdre difficilement du poids. 

La perte a toujours été très lente, guère plus de 2 kilos par mois, avec beaucoup de restrictions.

Le dernier essai en date, en 2014, m'a permis de m'alléger de 23 kilos. J'ai testé la cure Cabot associée au sans gluten, préconisé dans les maladies inflammatoires.

Aujourd'hui, en faisant 25 minutes de yoga tous les matins et 30 minutes de nage ou marche, j'ai repris 15 kilos.

ET JE NE BAFFRE PAS !

Je n'ai, aucun trouble alimentaire, ce qui aurait pu effectivment expliquer une reprise, mais non.

Malgré ça, je continue à tomber sur des médecins qui me disent RESTRICTION CALORIQUE. 

BORDEL DE MERDE !!!

Alors, cette fois-ci, j'avoue, je n'ai pas de solution.

Cette obésité qui m'est tombée dessus à 25 ans, me colle à la peau comme un chewing gum !

J'ai pris 30 kilos en 1 an.

Certes, j'avais une prédisposition génétique FORTE.

Mais celle-ci ne s'est réveillée QUE parce que j'ai conjuguée : horaires de travail nocturnes - les plus terribles pour le poids -, une alimentation sur le pouce - 60 heures de travail par semaine , tu manges quand tu y penses et mal -, un stress au taquet - mon cortisol a fait des bonds -.

Mais elle ne sait pas à qui elle a affaire, je ne lâcherai jamais - j'allais écrire ... "les armes" ... - !

Mais je voudrais que la société soit plus douce avec nous.

On se gargarise de bienveillance mais on nous culpabilise sans cesse, on nous juge ...

"On" a même eu la délicatesse de me demander un jour si j'avais songé à manger moins ... une amie, enfin c'était une amie !

Parfois, on tombe sur des soignants compréhensifs et COMPETENTS, j'entame un nouveau parcours avec l'une d'elle.

Elle ne s'attache pas QUE  à ce que je mange, loin de là.

D'autant plus qu'elle sait que je ne mitonne pas concernant mon activité physique puisqu'avec l'impédancemétrie elle a pu constater ma bonne masse musculaire.

Elle s'attache d'abord à mes intestins.

Ils sont un véritable problème pour moi depuis toujours et on sait aujourd'hui le lien avec l'obésité !

Moi qui pratiquais les Index Glycémiques bas depuis le début de mon obésité, j'ai dû abandonner sur les conseils de mon médecin et exclure également les FODMAPS.

Je ressens un mieux, j'ai ainsi découvert que certains aliments que j'adorais - champignons, pois chiches, poireaux, pastèque entre autres - me collaient un mal de bide - et plus si affinitiés - terrible, mais je n'avais pas fait le lien puisque la "médecine" me répetait sans cesse que mes problèmes intestinaux ETAIENT DANS MA TETE ... "Vous vivez tout dans vos tripes" .... Aujourd'hui, je me rends compte que c'était plutôt l'inverse, ces troubles intestinaux récurrents me retournaient la tête ...

No comment ...

Alors, je ne sais pas ce qu'il en resortira, mais je ne lâche rien ...

Je pourrais avoir recours à une chirurgie de l'obésité, j'ai le plus grand respect pour ceux et celles qui y ont recours, mais je veux y arriver par moi-même, sans "intervention" extérieure.

Je ne sais pas si c'est la bonne méthode, mais c'est la mienne !

En attendant, j'ai mis en place des "routines" - ou des automatismes si tu préfères - qui, si elles ne me font pas maigrir sont positives pour ma santé, autant physique que mentale.

Les routines sont souvent perçues comme péjoratives. 

A tort, à mon sens.

On confond le "traintrain" qui ankylose et les "pratiques" quotidiennes positives.

Voilà, ça c'est fait, rapport à plusieurs remarques désobligeantes du style " mais les routines c'est nul ! ", belle argumentation en plus !

BREF, mais c'est quoi Cilou tes routines ?...

Tu sais que je suis toujours à la recherche de ce qui me rend "meilleure", pas dans le sens performante mais plutôt "à l'équilibre".

Et quand j'ai démarré le yoga, ça n'était pas pour inaugurer ma tenue flashy à 200 balles ou faire le plus beau poirier - je vais me faire des copines ! - mais pour me trouver.

Parce que le yoga n'est pas qu'une activité physique, si on en fait pour la "bonne" raison, on y trouve de quoi travailler corps et esprit.

Si le yoga permet de gagner en souplesse ça n'est pas seulement d'un point de vue physique mais aussi mental.

Et pour moi, les bénéfices ont été flagrants !

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Le yoga mais aussi la cohérence cardiaque ont nettement amélioré mon sommeil, facteur important de la régulation du poids.

Le yoga a aussi amélioré ma musculature profonde, auparavant totalement inexistante, me permettant une meilleure posture qui joue sur ma silhouette l'air de rien.

Il m'aide à m'alimenter en conscience, ce qui permet de réduire les quantités, on mange moins vite, on mâche, on ressent cette satiété que je ne connaissais pas avant.

Il m'aide aussi, avec la cohérence cardiaque à diminuer l'intensité du stress qui peut, parfois, mais de moins en moins, m'habiter.

Franchement, si après ça, tu ne te mets pas au yoga, je ne comprends pas !

Non, je déconne, il faut vraiment que ce soit une envie personnelle sinon ça sera un échec !

Et l'activité physique "en général"  augmente ma lucidité en matière d'alimentation, l'envie de manger est moins présente quand je viens de faire 100 longueurs , même dans ma piscine pas olympique !

Mais je nageais déjà avant le yoga, donc le déclic est arrivé grâce au yoga !

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Le dernier point qui me paraît fondamental, peut-être même plus que l'alimentation et l'activité physique, dans mon cas, c'est le mental.

On est pétri de croyances limitantes.

"Chez nous, on est tous gros"

                           "Merde, si je maigris, je ne ferai plus partie de la famille !" 

"Les minces sont tristes"

                           "A mais non, moi je veux rester joyeux et souriant !"

"Si je maigris, je ne pourrai plus manger ce que j'aime"

                          "Mais moi je veux continuer à me régaler autour d'une bonne table avec mes amis !"

"Si je suis mince, je serai faible face à l'adversité"

                          "J'ai toujours été une personne "forte", je ne veux pas que ça change" !

"SI je suis mince, je serai jolie et sexy"

                          "J'ai pas du tout envie d'être importunée par des gros lourds"

                           ou pire encore "Les jolies femmes sont des %£µ3" !

"Si je suis mince, je vais perdre en générosité"

                          "Ah non, je veux continuer à être dans le partage"

 

Dois-je continuer ou tu as compris l'idée ?

Et bien tout ça impacte notre capacité à maigrir et à rester à un poids stable.

Inconsciemment évidemment, mais quand tu reprends une 2ème assiette de coquillettes, le "Chez nous, on est tous gros" baigne ton cerveau et annihile ta volonté ... 

Et après, quand la digestion est douloureuse et la culpabilité au taquet, tu te détestes. 

Et ces sentiments négatifs que tu t'infliges, ils jouent aussi forcément sur cette histoire de poids.

Mais comment savoir quelles sont nos croyances limitantes ?

L'une des miennes m'a "sautée à la figure" en regardant une photo de moi avant mes problèmes de poids, j'ai immédiatement verbalisé un jugement très péjoratif sur cette personne.

"Comme j'avais l'air _________ !"

Non Cécile, si tu mincis tu ne seras pas _______ !

Je pensais que ça suffirait à m'aider mais en fait, je pense que j'ai plusieurs croyances limitantes très ancrées et que j'ai encore du boulot !!!

Mais je reste confiance !

Peu importe qui vous les a fourrés dans la tête, ça ne fera pas avancer votre affaire, l'important c'est de les identifier pour les éradiquer !

 

Je saisis bien l'ironie de la chose.

Une obèse qui donne des conseils sur le poids ...

En fait, justement, je pense être la mieux placée pour en parler, puisque depuis 24 ans bientôt, je bûche le sujet !!!

Pas avec succès, mais je bosse dur !

Finalement, on pourrait se dire que cette activité physique que je "m'inflige", ne sert à rien, la preuve Madame la Balance !

Moi, je reste persuadée qu'elle joue grandement sur ma santé et le maintien d'une bonne musculature me prépare une vieillesse plus "heureuse" et active.

Oui, je vois loin, mais je suis déjà pleine de rhumatismes, il n'est pas question que je sois complètement impotante en vieillissant !

J'ai pu constater dans mon cours de yoga, l'excellente forme physique de personnes de plus de 75 ans !

L'une d'elle me disait qu'elle avait gagné en équilibre et en vitalité et qu'elle était accro depuis 30 ans !

Et puis, j'en ai besoin, parce que mon cerveau a imprimé les bienfaits qu'ils m'apportent et ils m'incitent à y retouner tous les jours !

Malheureusement, pas d'impact positif sur mes douleurs chroniques, j'ai une fragilité ligametaire et articulaire, le yoga en atténue un peu les douleurs, c'est déjà ça !

 

J'en vois d'ici qui me diront que je ne suis pas légitime à aborder ce sujet, parce que je ne suis pas "si grosse".

En fait si, je suis obèse avec un IMC de 35, j'ai juste la "chance", si je puis dire que mon poids soit "harmonieusement" réparti ...

Donc oui j'en suis et je l'ouvre ! 

 

Tu pourrais me dire que depuis 23 ans j'ai eu le temps de me faire à ma nouvelle silhouette et que si ce poids n'est pas délétaire pour ma santé pourquoi vouloir à tout prix m'en délester ?

On va pas se mentir, trimballer tant de poids en trop, c'est usant, j'ai vraiment envie de me sentir plus légère et ce poids représente une période révolue si tu vois ce que je veux dire, celles qui savent savent ... !

Fais une tentative, porte un sac à dos de 30 kilos sur le dos une journée, tu auras ta réponse ...

Et puis j'ai remarqué que passé un certain poids, que j'ai bien identifié, certaines douleurs articulaires sont décuplées et mes intestins sont encore plus mal en point.

Donc, je ne cesserai jamais d'avoir à l'esprit de "m'allèger" !

J'ai déjà su le faire avec mon esprit, je saurai un jour le faire avec mon poids !

 

BREF, tout ça pour dire que le prochain soignant qui te parle restriction calorique pour perdre du poids, tu as mon aval pour lui foutre un pain dans la tronche, sinon tu me l'envoies !